Les Caraïbes
Autre ethnie amérindienne ayant vécu à la Martinique. Ils arrivent sur l'île au IXè siècle, et s'y installent après avoir chassé, tué leurs ennemis : les Arawaks arrivés eux à la Martinique vers -5000 avant Jésus-Christ.
Ce furent eux que Christophe COLOMB découvrit en débarquant sur l'île.
Ils sont décrits comme "plutôt petits que grands, mais fort adroits et robustes. Les hommes et les femmes sont beaux de visage et nullement sujets aux défauts de nature".
![300px-Carib_indian_family_by_John_Gabriel_Stedman[1].jpg](http://s1.e-monsite.com/2008/12/02/12/84073468300px-carib-indian-family-by-john-gabriel-stedman-1-jpg.jpg)
Plusieurs ouvrages émanant de religieux, souvent, ou de colons évoquent leur mode de vie.
Leur alimentation, comme celle des Arawaks était centrée autour du manioc qui servait à fabriquer:
-la cassave ou kassav,
-le ouïcou.
Ils consommaient également une autre boisson : le mabi, boisson réalisée à partir d'une écorce d'abre
Ils faisaient griller leur viande (des Agoutis, mammifère rappelant le lapin et de couleur noir), ou les faisaient boucaner ( fait de faire sécher la viande en la fumant).
Société polygame, les hommes avaient entre 2 et 3 femmes; ce chiffre pouvait aller jusqu'à 6.
Leurs activités étaient sexuellement réparties, ainsi:
-aux hommes :
-la poterie
-la chasse
-la confection des pirogues et outils de chasse, de pêche

-la vannerie: fabrication de paniers , de couleuvres (outil permettant d'ôter le suc dangereux du manioc)
-aux femmes
-la cuisine
-le travail de récolte et des champs
-l'éducation des enfants
-les soins aux malades.
Ils formaient une société égalitaire, avec le partage des biens entre la communauté, avec un chef : le Cacique en temps de guerre.
Ils avaient deux types d'habitats:
-la case familiale appelée Mouina
-le Carbet, lieu de vie des hommes célibataires et lieu des réunions et des fêtes.
Peuple guerrier, ils résistèrent comme ils purent à l'arrivée des premiers colons : les Espagnols puis aux seconds : les Français. Ils disparaitront quasiment de la Martinique vers 1658. En un peu plus de 20 ans, les 300 000 Caraïbes qui peuplaient l'île disparurent.
En 1654, 2 000 Caraïbes attaquèrent la maison du Lieutenant Du Parquet, en réaction, le Conseil de la Martinique décida de pourchasser les Caraïbes et les incita à quitter l'île au profit de Saint-Vincent et la Dominique.
Ils avaient des croyances manifestées à travers des "pierres à trois pointes" également appelées "zémis" représentant des grenouilles ou des chauves-souris, lamantins, perroquets.
A noter, les hommes et les femmes parlaient deux langues différentes, ils parlaient la langue des caraïbes alors qu'elles parlaient le langage arawak, c'est ce qui a permit que quelques mots de la langue arawak persistent jusqu'à nos jours.
Mots dérivés des langues amérindiennes (Arawak) : Acajou, acoma, agouti, alligator, ananas, anoli,ara, arlet, arouman, avocat, bahamas, bakoua, balaou, balata, balisier, barbecue, barracuda, batée, boa, boucan, boucané, béquia,boutou, boye,burgot, cabouya, cacao, cachibou, cachiman, cacique, caïman, caîmite, cajou, camanioc, campêche, canari, canoë, canouan, caoutchouc, caracoli, carapat, carbet, caret, cariacou, cassave, caye, cayenne, chique, choubouloute, cobaye, colibri, coré, corossol, coucou, couebi, couï, coulirou, courbaril, couronné, couss-couch, cuba, curare, gaïac,, génipa, girauon, goyave, guyane, haïti, hamac, hévéa, icaque, iguane, jaguar, jamaïque, jujube, kalin, kamo, karacoli, kayali, lambi, lamentin,latanier, mabi, mabouya, macabou, macaque, macouba, macoute, madinina, mahaut, mangle, manicou, manioc, mapou, maracas, maracudja, maringouin, martinique, matété, matoutou, migan, molocoye, monbin, ouistiti, ouragan, ouragan, pagaîe, pagalle, palétuvier, papaye, patate, pécari, pétun, pian, piaye, pipiri, pirogue, plantain, quénette, ravet, roucou, samboura, sapotlle, sarigue, savanne, sibérou, simarouba, sisi, siric, tabac, tapioca, tatou, tio, titiri, tomate, topinambour, tote, touaou, toucan, touloulou, watalibi, yche, yinyin, zagaya.
Les Amérindiens furent un temps appelé "peaux rouges" du fait qu'ils se protégeaient et teintaient leur peau grâce au roucou. Le roucou étant une plante tinctoriale qui donne la couleur rouge.
Les marques noires que se font les soldats sur le visage en partant au combat sont un héritage des indiens qui faisaient la même chose grâce au génipa (arbre dont l'écorce donne la couleur noire).
Les derniers descendants caraïbes connus vivent dans une réserve à la Dominique, une île voisine. Leurs ascendants avaient en effet quitté la Martinique lors du partage de l'île entre les Caraïbes et les Français et se sont installés à la Dominique et à Saint-Vincent. Personnellement, j'en ai rencontré grâce à l'association KARISKO et cela m'a fait une drôle d'impression : recherche de traits et besoin d'identification ! Merci pour cette expérience !
Il a été retrouvé des grappins : ces objets consistant en un collier de 5 ou 6 cornes de lambis servaient à mouiller les nasses au fond et les empêchaient de divaguer.
Pour pouvoir justifier leur extermination, les colons appuyèrent sur le fait que les Caraïbes pratiquaient l'anthropophagie (fait de consommer de la chair humaine); il ne s'agissait que d'anthropophagie rituelle (ils consommaient essentiellement les organes vitaux de leurs ennemis vaincus pour en "absorber la force"). De nombreux récits font état de leur accueil chaleureux et pacifique (bien qu'aimant la guerre), les Caraïbes n'étaient donc pas des tribus sauvages. Leur héritage, que nous allons retrouver dans quelques pages de ce site, le démontre.
Loin d'être sauvages, ils recueillirent et protégèrent d'un retour certain à une vie de servitude 200 esclaves noirs capturés par des espagnols, lors du naufrage du navire "Nuestra señora del buen viaje" en 1605.
Le verbe "carbeter" existe et signifie "s'entretenir des affaires de la communauté".
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1. Joseph Le 15/08/2008 à 14:46
2. leo Le 13/12/2008 à 06:51